Species

Le gavial du Gange
Gavialis gangeticus

Le gavial du Gange (Gavialis gangeticus) est l'un des deux dernières membres de la famille des Gavialidae, un groupe de reptiles semblables à des crocodiles, dotés de longues mâchoires étroites. Le gavial est le deuxième crocodile vivant le plus long, un mâle pouvant atteindre 6 mètres de long.

L’hstoire préhistorique du gavialidé est relativement bien connue, puisqu’on dispose d’exemples de divergence par rapport aux autres crocodiles au Crétacé supérieur. La caractéristique principale du groupe est son museau très long et étroit, adapté à un régime alimentaire à base de petits poissons. Les gavials ayant abandonné la puissante mécanique formée par le crâne et la mâchoire de la plupart des crocodiles et des alligators, ils ne peuvent attaquer de grandes proies. Leur poids plus faible et la résistance à l’eau de leur crâne plus léger et de leur mâchoires très étroites, donnent aux gavials la possibilité d’attraper des poissons par des mouvements de claquements d’un côté à l’autre.

La forme du museau du gavial varie selon son âge, puisqu’il s’amincit au fil des ans. La protubérance spongieuse sous le museau du mâle sexuelle mature est appelée un « ghara » (d’après le mot indien signifiant « pot »). Elle est dédiée à divers usages, dont la production d’une vibration sonore lors de la vocalisation, qui sert d’appât pour les femelles, ainsi que la production de bulles associées aux rituels d’accouplement de cette espèce.

Les jeunes gavials se nourrissent d’insectes, de larves et de petites grenouilles. Les adultes sont essentiellement piscivores, bien qu’on ait observé certains individus se nourrissant de carcasses d’animaux. Le gavial du Gange n’est cependant pas mangeur d’homme. Malgré sa grande taille, il est physiquement incapable de dévorer un grand animal, y compris un homme. Le mythe du gavial mangeur d’homme est dû en partie à leur ressemblance avec les crocodiles, et parce qu’on a trouvé des bijoux dans l’estomac de l’un d’entre eux. Il est probable que le gavial avait avalé ces bijoux après avoir mangé des cadavres, ou bien en tant que gastrolithes destinés à aider au broyage des aliments, et donc à la digestion.

La saison des amours s’étend de novembre à décembre, et se poursuit sur une partie du mois de janvier. La nidification et la ponte ont lieu à la saison sèche, en mars, avril et mai. Durant la saison sèche, les rivières diminuent et les rives sableuses sont libres pour la nidification. La femelle creuse un trou, où elle pond entre 30 et 50 oeufs, avant de les recouvrir soigneusement. Au bout de 90 jours, les petits émergent. On n’a jamais observé de femelle aidant les petits à aller dans l’eau après l’éclosion, probablement parce que leurs mâchoires et les dents acérées ne sont pas conçues pour porter les petits. Cependant, la mère protège ses petits dans l’eau pendant quelques jours, jusqu’à ce qu’ils sachent se défendre.

 

Dans les années 1970, le gavial du Gange a presque atteint le stade de l’extinction. L’espèce a récemment été classée dans les espèces en danger, au lieu d’espèce en grave danger, sur la liste rouge 2007 des espèces d’animaux et de plantes en danger, émise par le World Conservation Union. En conformité avec la convention CITES (Convention on International Trade of Endangered Species), le gavial du Gange est considéré comme une espèce à protéger . Malheureusement, dans certaines zones du sous-continent indien, l’espèce a quasiment disparu.